Le soleil n’était pas encore levé que nous sommes tombés nez à nez avec
une éléphante et son petit qui traversaient la piste. Ensuite, ce furent des
volatiles que le guide décrivait les uns après les autres avec leurs us et
coutumes. Les mammifères ont pris la relève : hippopotames, impalas,
kudus, babouins, phacochères et girafes.
Je n’ai pas encore vu de lion, beaucoup de traces en matinée, mais pas
même un rugissement.
Un dernier mot sur ce pays que je m’apprête à quitter dans quelques
heures, ou plus exactement deux mots, l’un sur sa stabilité politique et
l’autre sur sa croissance économique. Le second étant le garant du premier.
Au début des années soixante, le Botswana se classait parmi les pays les
plus pauvres de la planète. Le revenu annuel par habitant ne dépassait pas les 200 €.
Moins de 2 % avaient suivi des études primaires. À peine une centaine
d’étudiants fréquentait l’université. Seulement douze kilomètres de route étaient
asphaltés.
Un an après son accession à l’indépendance, un premier gisement de
diamants a été découvert. Deux autres ont suivi dix ans plus tard. Aujourd’hui
le pays extrait de ses mines le quart de la production mondiale de diamants.
Contrairement à la majorité des pays africains bénéficiaires d’une manne
en ressources premières (pétrole, gaz, minerais, forêt), le Botswana n’a pas joué
les cigales. Rien à voir avec des pays comme Madagascar où une élite
politico-financière accapare toutes les richesses du pays.
Le BDP, le parti au pouvoir, vient juste de déclencher des élections qui
se tiendront au mois d’octobre prochain. Ce parti dirige le pays depuis sa
fondation. Si j’en juge par ce que j’ai pu observer lors de mon passage au
Parlement, l’opposition y est bien présente, mais pas très active. Le BDP a
encore de beaux jours devant lui.
Le BDP mise sur la satisfaction de la population à son égard dans sa
campagne actuelle. Son slogan imprimé sur toutes les affiches des candidats
résume bien ce que pensent les gens de la situation du pays et le peu d’estime
dans laquelle tout le monde tient l’opposition : « There is still no alternative » (Il n’y a toujours pas
d’alternative), avec « alternative »
écrit en rouge.
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