Sunday, July 13, 2014

En safari


Je suis de nouveau sous une tente. Elle est même mieux que la précédente. Ce n’est plus un lit de camp, mais un lit tout à fait normal, blanc avec un sommier et un matelas. Il y fait toujours aussi froid au réveil. Et j’ai dû me lever à 5 h, deux heures avant le soleil, pour participer à un petit safari dans le Parc national de Chobe.

J’étais en compagnie de trois Chinoises et d’un guide. Nous avons pris place à l’arrière d’un gros 4x4 équipé de banquettes et ouvert de tous côtés.

Le soleil n’était pas encore levé que nous sommes tombés nez à nez avec une éléphante et son petit qui traversaient la piste. Ensuite, ce furent des volatiles que le guide décrivait les uns après les autres avec leurs us et coutumes. Les mammifères ont pris la relève : hippopotames, impalas, kudus, babouins, phacochères et girafes.

Un deuxième safari à suivi en après-midi, mais cette fois sur l’eau. Il était visuellement plus impressionnant que celui du matin. Je laisse aux photos le soin de décrire ce safari à ma place.

Je n’ai pas encore vu de lion, beaucoup de traces en matinée, mais pas même un rugissement.

Un dernier mot sur ce pays que je m’apprête à quitter dans quelques heures, ou plus exactement deux mots, l’un sur sa stabilité politique et l’autre sur sa croissance économique. Le second étant le garant du premier.

Au début des années soixante, le Botswana se classait parmi les pays les plus pauvres de la planète. Le revenu annuel par habitant ne dépassait pas les 200 €. Moins de 2 % avaient suivi des études primaires. À peine une centaine d’étudiants fréquentait l’université. Seulement douze kilomètres de route étaient asphaltés.

Un an après son accession à l’indépendance, un premier gisement de diamants a été découvert. Deux autres ont suivi dix ans plus tard. Aujourd’hui le pays extrait de ses mines le quart de la production mondiale de diamants.

Contrairement à la majorité des pays africains bénéficiaires d’une manne en ressources premières (pétrole, gaz, minerais, forêt), le Botswana n’a pas joué les cigales. Rien à voir avec des pays comme Madagascar où une élite politico-financière accapare toutes les richesses du pays.

Le gouvernement botswanais a redistribué une bonne partie de cette richesse de façon assez équitable à l’ensemble de la population, et utilisé l’autre partie dans des infrastructures et des programmes de santé et d’éducation. Trente pour cent de son budget sont consacrés à l’éducation avec comme résultat que 85 % de la population est alphabétisée.

Entre l’année de son accession à l’indépendance et le milieu des années 2000, l’économie du Botswana a progressé plus rapidement qu’aucun autre pays au monde.

Le BDP, le parti au pouvoir, vient juste de déclencher des élections qui se tiendront au mois d’octobre prochain. Ce parti dirige le pays depuis sa fondation. Si j’en juge par ce que j’ai pu observer lors de mon passage au Parlement, l’opposition y est bien présente, mais pas très active. Le BDP a encore de beaux jours devant lui.

Pourquoi la population se risquerait-elle d’ailleurs à miser sur un autre cheval ? L’ascenseur social semble assez bien fonctionner. La classe moyenne est importante. Les revenus y sont plus égaux que dans le reste de l’Afrique. Les soins de santé et l’éducation sont gratuits. Le taux d’alphabétisation en est un des plus élevés du continent. La corruption est inexistante. Bref, une véritable Suisse tropicale.

Tous les Botswanais avec qui j’ai parlé sont très fiers de leur pays. Quand ils se comparent avec les autres pays aux alentours — et ils le font constamment —, ils n’ont pas tort. Je n’ai entendu personne se plaindre du gouvernement. Plusieurs émettent des critiques sur le système administratif, mais c’est presque partout pareil.

Le BDP mise sur la satisfaction de la population à son égard dans sa campagne actuelle. Son slogan imprimé sur toutes les affiches des candidats résume bien ce que pensent les gens de la situation du pays et le peu d’estime dans laquelle tout le monde tient l’opposition : « There is still no alternative » (Il n’y a toujours pas d’alternative), avec « alternative » écrit en rouge.














Bilan et réflexions

Compte tenu des circonstances, ce bilan a bien failli se limiter à un mois de voyage. Et les raisons qui l’auraient limité à...