| Centre-ville |
J’ai pris la décision de quitter l’Afrique du Sud et de me diriger vers
le nord. J'ai donc franchi la
frontière pas très éloignée de Jo’Burg pour passer au Botswana.
Même si je savais que nous étions au milieu de l’hiver austral, je ne
pensais pas qu’il ferait si froid à Jo’Burg. Il faut dire aussi que la ville
est située à 1700 m d’altitude, la même altitude que le Col de Bellevue à
La Réunion que je franchis quand je travaille dans l’est de l’île. La
température le matin, tout comme à Jo’Burg, y avoisine le zéro pendant l’hiver.
Située à 900 m d’altitude Gaborone (ou Gabs comme on la surnomme),
la capitale du Botswana est un peu plus chaude. Jusqu’ici, je ne regrette pas
ma décision, car avec une population d’environ 200 000 habitants, cette ville
est plus paisible que la précédente. Les gens y sont moins stressés et le
climat de tension que je ressentais à Jo’Burg a ici disparu.
Le pays lui-même n’est pas très peuplé. Avec une superficie semblable à
celle de la France, le pays compte deux millions d’habitants. Ils sont à 80 %
de la même ethnie, d’où le nom du pays, « la terre des Tswanas ». C’est le pays
d’Afrique le moins corrompu, beaucoup moins que l’Italie et quelques autres
pays d’Europe du Sud ou de l’Est. Le revenu par habitant y est supérieur à tous
les pays voisins, incluant l’Afrique du Sud, et vingt fois plus élevés que son
voisin zimbabwéen.
Je trouve que les gens ici s’habillent très bien. Les jeunes « branchés »
portent les dernières créations des designers à la mode et beaucoup de gens
plus âgés sont d’une élégance qui pourrait les faire passer à Paris ou à Milan
pour des provinciaux.
| Le Parlement |
Je dépareille un peu. Je voulais visiter le Parlement pour assister aux
débats entre les députés et les membres du gouvernement. Mon accoutrement
n’était pas très approprié et le garde de sécurité m’a gentiment suggéré de retourner
à l’hôtel pour changer de tenue. Je n’avais pas grand-chose d’autre à me mettre.
Je suis donc allé faire quelques achats bon marché. Quand je suis revenu, le
garde a trouvé que c’était « un peu mieux ».
Je n’ai pas été fouillé et je n’ai pas eu de portillon de sécurité à
passer. En fait, j’ai même failli me tromper de porte et d’entrer de plain-pied
dans la salle principale du Parlement où siégeaient les députés.
La Présidente du Parlement est une femme très célèbre compte tenu de son
parcours de militante féministe. J’ai pu me rendre compte de visu qu’elle savait
se faire respecter par une assemblée majoritairement masculine. Elle a
fermement repris le ministre des Finances, celui de l’Agriculture (un Boer) et
deux députés sur des questions de procédures.
Les règles et l’étiquette sont de mises dans ce pays. Ce n’est pas
seulement le cas au Parlement, où la Présidente porte une perruque très
britannique (un peu comique à mon gout), mais également dans les rapports
interpersonnels. La tradition y est britannique, même si ce pays n’a jamais été
une colonie du Royaume-Uni. Les coutumes anglaises y sont suivies
scrupuleusement, incluant dans l’uniforme très british des élèves. La politesse
est également de rigueur.
Je n’ai pas vu les foyers de pauvreté que j’ai pu observer en Afrique du
Sud. Les rues sont propres et patrouillées par une armée de balayeurs comme en
Chine. Pas de mendiants. Pas de SDF. Pas de quartiers avec des baraques en tôles
ou même parfois en cartons.
En quittant Jo’Burg, la voie rapide traversait successivement des
bidonvilles et des lotissements en état de siège composés de magnifiques
maisons, mais des maisons cloitrées derrière des enceintes en bétons et
protégées par d’innombrables systèmes de surveillance. Ce n’est pas très
réjouissant.
| Ambassade de France |
Tout ici n’est pas rose pour autant. Comme presque partout en Afrique subsaharienne,
le Sida est un fléau. C’est la même chose pour l’alcool, surtout en fin de
semaine où il est préférable de laisser sa voiture à la maison. Les
cambriolages sont en augmentation, mais, contrairement à l’Afrique du Sud, ils
ne sont pas accompagnés de violence.
L’hôtel où je suis descendu est à moins de cent mètres du centre-ville
qui n’est pas très grand et composé d’une longue allée commerciale avec
quelques magasins, des bâtiments publics, quelques banques et deux petits
supermarchés. L’ambassade de France est juste derrière l’hôtel et à côté de la
Représentation européenne dont le bâtiment est beaucoup plus imposant que celui
de l’ambassade, ce qui, après tout, n’est que le reflet de la réalité actuelle
des rapports de force.
| La cathédrale |
Pas grand-chose à visiter à Gabs et je l’ai fait en deux jours : un
Parlement ultramoderne, une cathédrale tout aussi moderne, un musée très
poussiéreux avec une exposition permanente retraçant l’histoire du pays.
Pas beaucoup de photos à prendre non plus. J’hésite encore à sortir mon
Nikon et je continue d’utiliser mon petit Casio pour le moment. J’ai hâte
d’être à la campagne. Ce n’est pas très difficile, il suffit de sortir de Gabs.
Le restant du pays n’est pas très urbanisé.