Thursday, July 10, 2014

Delta de l'Okavango


Comme je l’anticipais, il a fait très froid durant la nuit que j’ai passée à Kang. Il parait que c’était la température la plus basse jamais enregistrée cet hiver.

Le lendemain matin, je suis tombé par hasard sur un bus qui pouvait me mener directement jusqu’à Maun.

À Ghanzi, à mi-chemin, j’ai entendu un couple qui s’apprêtait à monter dans le bus et qui se parlait en français. C’étaient des Zaïrois installés au Botswana depuis le début de la guerre dans leur pays.

Le nombre d’Africains venus chercher fortune ici ou ayant fui les problèmes politiques ou religieux de leurs pays d’origine est très importants. J’en rencontre tous les jours. Hier c’était une Ougandaise. Dans le bus pour Maun, c’était un Zambien. Les plus nombreux sont les Zimbabwéens qu’on accuse ici de tous les vols et de tous les crimes en plus de leur reprocher de venir manger le pain des Botswanais.

C’est comme partout ailleurs, les immigrés font le travail que les nationaux refusent de faire ou qu’ils jugent sous-payé.

À Maun, je suis descendu dans un hôtel situé sur le bord du fleuve. Il ne restait que des tentes, mais des tentes spacieuses de l’armée aménagées chacune avec des lits de camp.

L’Okavango River Lodge organise également des excursions d’un ou plusieurs jours. J’ai choisi la balade d’une journée dans le Delta de l’Okavango.

L’Okavango est le troisième cours d’eau d’Afrique australe par sa longueur et ses eaux ont la particularité de ne jamais rejoindre l’océan. Le cours du fleuve s’achève par ce vaste delta de l’Okavango dans le désert du Kalahari.

Si une grande partie du territoire du Botswana est désertique, ce n’est pas le cas de cette région. Elle est très bien irriguée, mais très mal exploitée. Contrairement à l’Afrique du Sud, je n’ai encore aperçu aucune culture maraichère. Les terres sont réservées pour le bétail et principalement les bovins dont une bonne partie est exportée en Europe.

La balade d’une journée a commencé très tôt. J’étais en compagnie de quatre Allemands. Nous avons embarqué sur une sorte de petite barge à moteur jusqu’à un autre embarcadère où nous sommes montés cette fois sur des Mokoros. Ce sont des pirogues que le pilote dirige dans les eaux peu profondes du delta en se tenant debout à l’arrière et en poussant avec une longue perche. C’est la version africaine de la gondole vénitienne.

Nous avons débarqué sur une île que les animaux sauvages atteignent facilement pendant la saison sèche ou par des gués.

La petite rando de trois heures nous a effectivement permis d’apercevoir de nombreuses traces et déjections fraiches d’éléphants, de hyènes, de buffles, de zèbres et d’antilopes. Il n’est pas rare d’y trouver des lions et des léopards. Sur le chemin du retour, nous sommes tombés sur trois éléphants à la lisière d’un bush.

Nous étions à contrevent et le guide nous a conduits jusqu’à deux cents mètres des pachydermes. C’est la distance sécuritaire par delà laquelle les éléphants tolèrent la présence des humains.

Nous avons fait un petit arrêt dans un village avant de reprendre le bateau à moteur. La modernité de la capitale n’est pas encore arrivée dans ces villages reculés, privés d’électricité et de voies d’accès. Les enfants sont envoyés en pension chez des membres de leur famille pour accomplir leur scolarité. Les huttes traditionnelles sont encore utilisées bien que des maisons plus modernes les côtoient très souvent.

Je vais maintenant bifurquer vers l’est et me diriger vers un autre fleuve où se trouve la plus grosse concentration d’éléphants au monde.



Bilan et réflexions

Compte tenu des circonstances, ce bilan a bien failli se limiter à un mois de voyage. Et les raisons qui l’auraient limité à...