Contrairement
à ce qu’on pourrait imaginer, le Kalahari n’est pas vraiment un désert tel
qu’on se le représente avec des dunes de sable à l’infini. Certes il n’existe pas de plans d’eau permanents dans cette région, mais la
végétation y est assez abondante. Le Kalahari couvre pratiquement 70 % de
la surface terrestre du Botswana. Je suis en train de le traverser dans l’ouest
du pays.
Je me dirige vers Maun
dans le nord, à 950 km de la capitale. Je fais étape à Kang et espérais en
faire une autre à Ghanzi pour passer deux ou trois jours dans une communauté de
Bochimans (ou Sans comme ils se dénomment eux-mêmes). Sur les 100 000 membres
que compte cette ethnie qui peuple le Kalahari, 60 % se trouvent à l’ouest
du Botswana.
| Kang |
Ne pas voir les Sans ne
me dérange pas plus que ça. Je craignais un peu de n’en voir que la partie
folklorique avec sa dance du ventre ou l’équivalent dont on abreuve le tourisme
de masse en quête d’exotisme. Cette communauté indigène fait face aux mêmes
problèmes que toutes les communautés indigènes de la planète, qu’elles soient
aborigènes en Australie ou Amérindiennes sur l’ensemble du continent américain.
Tous ces peuples en voie de disparition sont confrontés à la pauvreté,
l’alcoolisme, les problèmes de santé, la violence et la perte d’identité.
Le paysage reste le même
tout le long de cette route unique, une route en très bon état bordée de chaque
côté d’une savane très sèche composée de hautes herbes, de broussailles et
d’arbustes. Le gros problème de cette région et par conséquent de la presque
totalité du Botswana, c’est le manque d’eau. Jusqu’à Kang, nous n’avons
traversé aucune rivière ni vu aucun plan d’eau.
Il ne faudrait pas
conclure qu’il y fait chaud. C’est même tout le contraire à cette saison. Il y
fait encore plus froid qu’à Jo’Burg. Un vent sec et glacial en provenance de
l’est balaie cette immense masse désertique en soulevant des mini tornades de
poussières.
Le bétail y est plus
abondant que les humains. Ce sont surtout des bovins par petits troupeaux d’une
douzaine d’individus qui paissent le long de la route, et quelques chèvres par-ci
par-là. Comme animaux sauvages, je n’ai aperçu qu’une petite bande de singes
qui regardaient les voitures passer. Elles ne sont pas nombreuses les voitures,
une toutes les quinze minutes. Les camions y sont plus fréquents.
Les deux ou trois
villages parsemés tout le long de cette interminable route de près de 1000 km
sont les seuls points de ravitaillement en nourriture, en eau et en carburant.
L’hôtel où je suis jouxte
une station-service. Les trois autres hôtels étaient pleins et il ne restait
que deux chambres de libres. En fait de chambre, c’est un petit chalet sans
chauffage avec les toilettes et la douche à l’extérieur. Il fait tellement
froid, que je ne pense pas que j’aurai le courage de sortir au milieu de la
nuit, même si ma vessie est sur le point d’éclater.