Deux jours avant d’y mettre les pieds, je n’avais jamais entendu parler de
St Lucia. C’est Hanny, la guide sud-af qui m’en a parlé la première. Elle
m’avait organisé tout un itinéraire pour me tenir occupé pendant mes derniers
jours de voyage. Elle m’envoyait même jusque dans sa bonne ville natale du Cap.
Je lui ai expliqué que, faute de temps, ce n’était pas possible. Je ne
disposais pas de ses moyens ni de ses connaissances du pays pour me déplacer
aussi facilement et rapidement qu’elle. Chaque matin, son chauffeur princier
l’attendait au volant de son mini van. Et roule cocher ! Elle pouvait
traverser le pays en une journée.
Le dernier exemple en date pour arriver au Swaziland n’est pas un cas
unique. À Neslpruit, faute de taxi collectif, j’ai fait appeler un taxi par
l’hôtel. Une heure plus tard, j’attendais encore. J’ai alors demandé à un
couple de touristes espagnols qui quittait l’hôtel en voiture de me déposer au
centre-ville. Il m’a fallu ensuite me renseigner plusieurs fois pour trouver la
gare routière et marcher jusqu’à celle-ci. Il était 8h30 quand j’y suis
parvenu. Et j’ai dû attendre quatre heures pour que le bus se remplisse et décolle.
Hanny a continué d’insister pour que j’aille au moins voir St Lucia. De
guerre lasse, j’ai fini par accepter d’y aller. Je ne dirais pas que j’aurais
pu m’en passer, mais bon. C’est l’endroit idéal si, après avoir crapahuté deux
ou trois semaines en brousse à dormir sous la tente, à ne pas trop bien se
nourrir et à ne pas trop se laver, on cherche un endroit pour se refaire une
santé et décompresser.
St Lucia est l’équivalent d’une petite station balnéaire européenne avec
magasins, hôtels, restaurants, cafés, fast-foods, supermarchés, discothèques,
agences pour balades et activités locales, sans oublier les sempiternelles boutiques
de souvenirs. Dans ce village posé sur une sorte de colline allongée, quadrillée par
des rues bien tracées, toutes
les activités commerciales sont concentrées sur les 500 mètres de la rue
principale.
L’attrait de St Lucia est de servir de base pour explorer le magnifique Parc de la zone humide d'iSimangaliso,
une réserve naturelle qui comprend le lac de Sainte-Lucie, son estuaire,
plusieurs îles et une partie de la réserve maritime côtière. Une des
particularités de ce parc est de regrouper une concentration impressionnante de
1200 crocodiles et 800 hippopotames. Depuis 1999, il est inscrit sur la liste
du patrimoine mondial de l’Unesco.
Le lendemain de mon arrivée, il ne faisait pas très beau. Le temps était
couvert avec de petites averses passagères. J’ai néanmoins marché jusqu’à l’océan
Indien en matinée et, en après-midi, j’ai participé à une petite croisière pour
aller voir de près les hippos et les crocos.
Faute de soleil, les crocos n’étaient pas de sortie. Par contre, les
hippos étaient bien là et en plusieurs exemplaires tout au long du parcours.
Ils sont tellement nombreux, qu’ils se baladent au milieu du village pendant la
nuit. Plusieurs panneaux sur la rue principale mettent d’ailleurs les gens en
garde. Pendant la journée, rien à craindre. Ils dorment. Leur peau est trop fragile
pour être exposée aux rayons du soleil.
Ce n’est pas un animal très joli, il est juste très dangereux. Il arrive
en deuxième position parmi les animaux causant le plus d’accidents mortels en
Afrique. Le premier, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est ni le lion,
ni le rhinocéros, ni l’éléphant. C’est le moustique ; et uniquement
l’anophèle, dont la
femelle, en plus du paludisme, peut transmettre la filariose et la dengue. Combinées au Sida, ces maladies forment des duos hautement
mortels pour tous les habitants de l’Afrique australe.