Tuesday, July 8, 2014

Le Kalahari



Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le Kalahari n’est pas vraiment un désert tel qu’on se le représente avec des dunes de sable à l’infini. Certes il n’existe pas de plans d’eau permanents dans cette région, mais la végétation y est assez abondante. Le Kalahari couvre pratiquement 70 % de la surface terrestre du Botswana. Je suis en train de le traverser dans l’ouest du pays.

Je me dirige vers Maun dans le nord, à 950 km de la capitale. Je fais étape à Kang et espérais en faire une autre à Ghanzi pour passer deux ou trois jours dans une communauté de Bochimans (ou Sans comme ils se dénomment eux-mêmes). Sur les 100 000 membres que compte cette ethnie qui peuple le Kalahari, 60 % se trouvent à l’ouest du Botswana.
  
Kang
Ne pas voir les Sans ne me dérange pas plus que ça. Je craignais un peu de n’en voir que la partie folklorique avec sa dance du ventre ou l’équivalent dont on abreuve le tourisme de masse en quête d’exotisme. Cette communauté indigène fait face aux mêmes problèmes que toutes les communautés indigènes de la planète, qu’elles soient aborigènes en Australie ou Amérindiennes sur l’ensemble du continent américain. Tous ces peuples en voie de disparition sont confrontés à la pauvreté, l’alcoolisme, les problèmes de santé, la violence et la perte d’identité.

Le paysage reste le même tout le long de cette route unique, une route en très bon état bordée de chaque côté d’une savane très sèche composée de hautes herbes, de broussailles et d’arbustes. Le gros problème de cette région et par conséquent de la presque totalité du Botswana, c’est le manque d’eau. Jusqu’à Kang, nous n’avons traversé aucune rivière ni vu aucun plan d’eau.


Il ne faudrait pas conclure qu’il y fait chaud. C’est même tout le contraire à cette saison. Il y fait encore plus froid qu’à Jo’Burg. Un vent sec et glacial en provenance de l’est balaie cette immense masse désertique en soulevant des mini tornades de poussières.


Le bétail y est plus abondant que les humains. Ce sont surtout des bovins par petits troupeaux d’une douzaine d’individus qui paissent le long de la route, et quelques chèvres par-ci par-là. Comme animaux sauvages, je n’ai aperçu qu’une petite bande de singes qui regardaient les voitures passer. Elles ne sont pas nombreuses les voitures, une toutes les quinze minutes. Les camions y sont plus fréquents.


Les deux ou trois villages parsemés tout le long de cette interminable route de près de 1000 km sont les seuls points de ravitaillement en nourriture, en eau et en carburant.


L’hôtel où je suis jouxte une station-service. Les trois autres hôtels étaient pleins et il ne restait que deux chambres de libres. En fait de chambre, c’est un petit chalet sans chauffage avec les toilettes et la douche à l’extérieur. Il fait tellement froid, que je ne pense pas que j’aurai le courage de sortir au milieu de la nuit, même si ma vessie est sur le point d’éclater.




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