Saturday, July 5, 2014

Gaborone


Centre-ville
J’ai pris la décision de quitter l’Afrique du Sud et de me diriger vers le nord. J'ai donc franchi la frontière pas très éloignée de Jo’Burg pour passer au Botswana.

Même si je savais que nous étions au milieu de l’hiver austral, je ne pensais pas qu’il ferait si froid à Jo’Burg. Il faut dire aussi que la ville est située à 1700 m d’altitude, la même altitude que le Col de Bellevue à La Réunion que je franchis quand je travaille dans l’est de l’île. La température le matin, tout comme à Jo’Burg, y avoisine le zéro pendant l’hiver.

Située à 900 m d’altitude Gaborone (ou Gabs comme on la surnomme), la capitale du Botswana est un peu plus chaude. Jusqu’ici, je ne regrette pas ma décision, car avec une population d’environ 200 000 habitants, cette ville est plus paisible que la précédente. Les gens y sont moins stressés et le climat de tension que je ressentais à Jo’Burg a ici disparu.

Le pays lui-même n’est pas très peuplé. Avec une superficie semblable à celle de la France, le pays compte deux millions d’habitants. Ils sont à 80 % de la même ethnie, d’où le nom du pays, « la terre des Tswanas ». C’est le pays d’Afrique le moins corrompu, beaucoup moins que l’Italie et quelques autres pays d’Europe du Sud ou de l’Est. Le revenu par habitant y est supérieur à tous les pays voisins, incluant l’Afrique du Sud, et vingt fois plus élevés que son voisin zimbabwéen.

Je trouve que les gens ici s’habillent très bien. Les jeunes « branchés » portent les dernières créations des designers à la mode et beaucoup de gens plus âgés sont d’une élégance qui pourrait les faire passer à Paris ou à Milan pour des provinciaux.

Le Parlement
Je dépareille un peu. Je voulais visiter le Parlement pour assister aux débats entre les députés et les membres du gouvernement. Mon accoutrement n’était pas très approprié et le garde de sécurité m’a gentiment suggéré de retourner à l’hôtel pour changer de tenue. Je n’avais pas grand-chose d’autre à me mettre. Je suis donc allé faire quelques achats bon marché. Quand je suis revenu, le garde a trouvé que c’était « un peu mieux ».

Je n’ai pas été fouillé et je n’ai pas eu de portillon de sécurité à passer. En fait, j’ai même failli me tromper de porte et d’entrer de plain-pied dans la salle principale du Parlement où siégeaient les députés.

La Présidente du Parlement est une femme très célèbre compte tenu de son parcours de militante féministe. J’ai pu me rendre compte de visu qu’elle savait se faire respecter par une assemblée majoritairement masculine. Elle a fermement repris le ministre des Finances, celui de l’Agriculture (un Boer) et deux députés sur des questions de procédures.

Les règles et l’étiquette sont de mises dans ce pays. Ce n’est pas seulement le cas au Parlement, où la Présidente porte une perruque très britannique (un peu comique à mon gout), mais également dans les rapports interpersonnels. La tradition y est britannique, même si ce pays n’a jamais été une colonie du Royaume-Uni. Les coutumes anglaises y sont suivies scrupuleusement, incluant dans l’uniforme très british des élèves. La politesse est également de rigueur.

Je n’ai pas vu les foyers de pauvreté que j’ai pu observer en Afrique du Sud. Les rues sont propres et patrouillées par une armée de balayeurs comme en Chine. Pas de mendiants. Pas de SDF. Pas de quartiers avec des baraques en tôles ou même parfois en cartons.

En quittant Jo’Burg, la voie rapide traversait successivement des bidonvilles et des lotissements en état de siège composés de magnifiques maisons, mais des maisons cloitrées derrière des enceintes en bétons et protégées par d’innombrables systèmes de surveillance. Ce n’est pas très réjouissant.

Ambassade de France
Tout ici n’est pas rose pour autant. Comme presque partout en Afrique subsaharienne, le Sida est un fléau. C’est la même chose pour l’alcool, surtout en fin de semaine où il est préférable de laisser sa voiture à la maison. Les cambriolages sont en augmentation, mais, contrairement à l’Afrique du Sud, ils ne sont pas accompagnés de violence.

L’hôtel où je suis descendu est à moins de cent mètres du centre-ville qui n’est pas très grand et composé d’une longue allée commerciale avec quelques magasins, des bâtiments publics, quelques banques et deux petits supermarchés. L’ambassade de France est juste derrière l’hôtel et à côté de la Représentation européenne dont le bâtiment est beaucoup plus imposant que celui de l’ambassade, ce qui, après tout, n’est que le reflet de la réalité actuelle des rapports de force.

La cathédrale
Pas grand-chose à visiter à Gabs et je l’ai fait en deux jours : un Parlement ultramoderne, une cathédrale tout aussi moderne, un musée très poussiéreux avec une exposition permanente retraçant l’histoire du pays.

Pas beaucoup de photos à prendre non plus. J’hésite encore à sortir mon Nikon et je continue d’utiliser mon petit Casio pour le moment. J’ai hâte d’être à la campagne. Ce n’est pas très difficile, il suffit de sortir de Gabs. Le restant du pays n’est pas très urbanisé.





No comments:

Post a Comment

Bilan et réflexions

Compte tenu des circonstances, ce bilan a bien failli se limiter à un mois de voyage. Et les raisons qui l’auraient limité à...