Kruger est la plus grande réserve animalière d’Afrique du Sud et une des
plus connues au monde. C’est aussi une des plus anciennes. Les échos que j’en
avais depuis le début de ce voyage allaient des plus enthousiastes aux plus
critiques. Le meilleur moyen de m’en faire une idée personnelle était de m’y
rendre. Je n’ai pas été déçu.
J’ai dormi dans deux lodges différentes séparées l’une de l’autre d’une centaine
de kilomètres et toutes deux appartenant à la compagnie Viva Safaris.
Tout avait été parfaitement bien organisé. Un chauffeur est venu me chercher
très tôt le matin à l’hôtel où je séjournais à Johannesburg. Nous sommes
ensuite allés récupérer deux Américains à l’aéroport qui venaient de faire une
traversée de 14 heures de l’Atlantique depuis New York pour leur premier voyage
à l’extérieur des États-Unis. Nous nous sommes ensuite dirigés vers Kruger et
avons été déposés au premier lodge. Le temps de poser les bagages et nous
participions à notre premier safari, un safari de nuit d’une durée de deux
heures. Cette première journée s’est terminée par un dîner dans la brousse
autour d’un barbecue.
Le lendemain matin de bonne heure, j’ai été pris en charge avec un autre
Américain et ses deux filles pour ma seconde journée de safari avec un guide
différent de la veille, mais tout aussi excellent connaisseur de la faune et de
la flore. Après avoir passé la journée à sillonner une partie du parc, nous
avons été déposés au second lodge en soirée.

La troisième journée, je me suis retrouvé seul avec le guide de la
première journée. Le circuit a été différent de celui de la veille et nous
avons effectué un parcours un peu plus long. J’avais signalé à mon guide que je
pouvais me passer de déjeuner et il m’a donc proposé de nous enfoncer un peu
plus loin à l’intérieur du parc.
J’aurais dû effectuer un dernier safari le quatrième jour, un safari à
pied d’environ deux heures avec un départ avant le lever du soleil. J’ai
préféré rester couché. Et plutôt que d’être ramené à Johannesburg comme c’est
l’habitude, j’ai demandé qu’on me dépose dans une ville proche de la frontière
avec le Swaziland.
Ce safari est très différent des deux que j’avais effectués au Botswana,
mais tout aussi intéressant. J’ai vu dans Kruger des animaux que je n’avais pas
vus au Botswana et inversement.
Tous ceux qui participent à ces safaris espèrent voir les fameux « Big Five », autrefois les animaux les
plus recherchés par les chasseurs et aujourd’hui par les touristes :
éléphants, buffles, rhinocéros, lions et léopards. S’il est assez fréquent de
voir les quatre premiers, il est très difficile de même apercevoir le dernier.
Au cours de la troisième journée, juste avant d’entrer dans le parc, j’ai parlé
à une Sud-Africaine qui venait souvent dans Kruger depuis une quarantaine
d’années. Son rêve était de voir un léopard. « J’en ai vu un hier à deux
reprises au même endroit, madame, une fois le matin et une autre fois le soir
en revenant. » Elle avait du mal à me croire et il a fallu que le guide
confirme ce que je disais. Pour la consoler, je lui ai dit que je lui offrais
une partie de la chance que j’avais eue la veille pour qu’elle puisse enfin
voir ce léopard ce jour même. Elle était tellement contente qu’elle m’a fait la
bise. J’ignore si elle a vu son léopard, mais j’en ai quant à moi vu un pour la
troisième fois.
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